La coiffe : au-delà de l’objet

S’il est un élément qui cristallise les idées reçues et autres légendes folkloriques galvaudées au point d’être souvent érigée au rang d’emblème aux relents régionalistes, c’est bien la coiffe d’une manière générale.
Fréquemment associées au « bon vieux temps » en référence aux valeurs rassurantes d’un passé immuable, les coiffes sont pourtant à l’opposé de ces images puisqu’elles n’ont eu de cesse d’évoluer selon l’avancée de la mode elle-même, et les opportunités qui vont jusqu’à toucher le monde de la politique.
Qu’il s’agisse des matières textiles, des techniques d’ornementation (broderies, dentelles), des formes et des savoir-faire s’y rapportant, chaque élément mérite un développement personnel.
Et c’est justement dans les techniques de mise en forme que le passionné de geste pourra obtenir satisfaction, car c’est lors de la confection et du repassage que toute la dextérité d’une profession intervenait : celle de lingère. Souvent également mercière, la lingère fournissait aux clientes les matières premières qu’elle allait ensuite pouvoir travailler.
Vous l’aurez compris : au-delà de l’objet « coiffe », c’est dans la technique mise en œuvre que réside toute la valeur de ces témoins de la mode vus par le prisme du peuple. La première précaution qu’il est utile de rappeler face aux pièces anciennes, est de ne surtout pas y toucher ! Tout lavage intempestif ne fera que remettre la coiffe dans son état d’avant repassage, effaçant ainsi la mémoire du geste, et donc toute la valeur de la pièce.
C’est aussi en cela que j’ai pu, au titre de l’OPCI, conseiller les personnes qui ont souhaité s’initier à la technique de « paillage en cœurs » pour la remise en forme des coiffes de la famille des « dormeuses » de la région nantaise et du nord-Vendée lors d’une conférence intitulée « La coiffe : du symbole à l’accessoire de mode » le 19 février suivie d’un stage les 26 et 27 mars à Challans à la demande de l’association Autrefois Challans.
Ce stage qui sera renouvelé en automne s’inscrit dans les démarches d’inscription de la technique du paillage en cœur à l’inventaire national du Patrimoine culturel immatériel.

Guillaume Blin

Published On: janvier 1st, 1970Categories: Non classé
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